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ADULTÈRE version bugguée et abandonnée

ADULTÈRE version bugguée et abandonnée

ADULTÈRE version bugguée et abandonnée

Une histoire courte de lisezbarbare.fr

MARDI

-C’était bien ?

-C’était friand, comme toujours, ma bonbonne acidulée. On recommence ?

-Peux pas, je dois aller chercher nos enfants à l’école !

-Nos enfants ?

-Ben oui, ceux que j’ai fabriqués avec mon mari. NOS enfants, quoi !

-Ah, merde, tu es mariée, j’avais oublié !

-Pas lui, crois-moi ! Qu’est-ce qu’il me fait chier !

-Même heure, même endroit demain ?

-Demain ?

-Le mercredi, t’es fou ? Jamais le mercredi ! Je ne peux pas les faire garder, tu le sais bien !

-Ah merde, ça aussi, je l’avais oublié ! Mais alors demain, je te trompe avec qui, demain ?

-Comme tu es drôle ! Toujours le mot pour rire ! À vendredi, mon amour !

-À vendredi, Dominique !

-Dominique ? Monique, moi c’est Monique !

-Ah, merde alors, qu’est-ce que j’ai aujourd’hui, je bugge ou quoi ?

MERCREDI

-C’était pas bien ?

-C’était délicieux, comme toujours, mon loukoum chéri. Tu sais, j’ai encore quelques minutes. La gourmandise, dans cette situation très renversante,  ce n’est pas un vilain défaut !

-Peux pas, Monique m’a demandé de garder nos enfants cet après-midi.

-Monique ?

-Tu as fait des enfants dans mon dos à Monique ? Et ta femme, elle est au courant ?

-Je suis marié ?

-Bien sûr, avec Dominique !

-Ah, merde, j’avais oublié !

-C’est si grave que ça, partager le quotidien de Dominique ?

-Tu ne peux pas imaginer !

-Raconte ! J’aime quand tu me racontes les malheurs qui t’arrivent avec ton épouse. C’est fascinant !

-Je…je ne peux plus…tu irais tout déballer à ma maîtresse !

-Mais, mon amour, je suis, là, devant toi ! C’est moi, ta maîtresse !

-Celle de mercredi, oui ! Mais je parle de demain. Le jeudi, ce n’est pas toi, ma maîtresse !

-Comme tu es drôle, mon amour ! C’est normal, on ne se voit jamais le jeudi !

-Mais alors, qui je vois, demain ?

-Repose-toi, mon amour, à samedi !

-Mais qu’est-ce que j’ai à la tête ? Ma tête,  on dirait un disque dur qui n’est plus formaté !

JEUDI

-Arrête de m’appeler Dominique, t’es chiant, à la fin ! Moi c’est Annique, Anne-nique, c’est pas compliqué, non ?

-T’as pas aimé ?

-Mais si, mon chou à la crème ! Mais…

-Y’a un hic ?

-C’est pas parce qu’on est dans le noir qu’il faut te tromper de « nique ». Moi, c’est pas Dominique !

-Alors t’es qui ? Monique ?

-Tu ne vas pas bien, tu deviens con et vexant. T’as pensé à voir un docteur ?

-Mais, tout c’est bien passé, non ?

-La tête, dunœud, je te parle de ta tête !

-Ah merde, je ne sais plus où j’en suis ! On dirait que mon cerveau n’est plus connecté ! Je vais en parler à ma femme !

-Là, tu es carrément mal élevé, pour ne pas dire grossier ! Va-t-en !

-Aide-moi, je t’en supplie ! Le jeudi, j’ai l’habitude de coucher avec qui, merde ! Monique, Dominique, Annique ?

-Ah, parce qu’en plus de cette salope de Dominique, qui te fais vivre un enfer domestique,  y’a aussi une Monique ? Je la connais, cette pute ?

-Je…je ne te l’ai jamais présentée ? Ah merde, j’ai oublié !

-Fous le camp, je te dis !

VENDREDI

Résumons.

Le mardi, je vois Monique.

Le mercredi, je vois, je vois qui déjà ? Me souviens plus.

Le jeudi, je vois Annique.

Tous les jours, je vois Dominique, celle qui m’a dit oui, une fois, un jour, il y a très longtemps. Et qui, depuis, me dit toujours non. Et ça, je m’en souviens parfaitement.

Aujourd’hui, je revois Monique, enfin je crois. Il faut que je lui demande, peut-être qu’elle connaît le prénom de celle que je fréquente le mercredi, hein ? C’est peut-être même elle, qui se présente à moi sous un faux nom, une perruque, et des lunettes de soleil, juste pour m’embrouiller encore plus !

Aujourd’hui, c’est vendredi.

Courage, allons affronter cette maîtresse que je crois connaître et dont je ne me souviens plus du tout.

Je ne peux pas brancher une clé usb sur le côté de ma tête, et recopier tout ce qui est essentiel hein ? Et pourtant, ce serait pratique, j’oublie systématiquement les noms et le nombre de mes maîtresses.

Un petit carnet, peut-être ?

Oui, un carnet, où je noterais les jours, les heures, les identités. Ce serait tellement reposant.

Mais ça, je l’ai déjà fait.

Et ce carnet, je l’ai perdu.

Je crois même me souvenir que c’est Dominique, mon épouse, qui l’a retrouvé. Elle n’était pas du tout du tout contente, ce jour-là ! Elle était même très énervée ! Est-ce qu’elle a hurlé, pleuré, trépigné, menacé, est-ce qu’elle s’est roulée par terre en s’arrachant les cheveux par poignées ? Je ne sais plus très bien. Mais je sais qu’elle m’a cogné la tête. Tout s’est éteint, je suis tombé sur le sol, sans chercher à ralentir ma chute ! Boum, aux urgences, direct ! Quand j’ai redémarré la machine, plus de mémoire, plus rien. Et y’a pire ! Ce carnet, elle ne me l’a jamais rendu, ce carnet. Et comme je n’ose pas lui demander où elle a bien pu le fourrer !

-Bonjour Monique !

-Ah, quand même, tu sembles avoir l’esprit clair, ce matin.

-Je suis dans la merde, faut que tu m’aides !

-Maintenant ou après ?

-Tout de suite ! Je ne sais pas s’il y aura un après !

-Tu m’inquiètes ! Je t’écoute !

-Le mercredi, qui je vois le mercredi ? J’arrive à me souvenir de son visage, de son corps, du grain et de la couleur de sa peau, de son parfum étrange et envoûtant, mélange de saveurs sucrées et orientales…J’arrive même à retrouver les liste de tous les petits noms qu’elle me donne, ce sont toujours des noms de pâtisseries qu’on fabrique par-delà le détroit du Bosphore…Son rire clair, chaud, sautillant et joyeux m’accompagne en permanence, le jour et la nuit…surtout le nuit, d’ailleurs, quand je suis obligé de partager le lit de cette femelle qui ronfle et qui crache comme un dragon.

-Alors, ce n’étaient pas des blagues ! Le mercredi, tu vois bien quelqu’un !

-Si je te le dis ! Mais qui ?

-Et tu en parles si bien ! Et quand tu es avec elle, est-ce que tu parles de moi, quand tu es avec elle ?

-Bien sûr que non !

-Bien sûr que non, évidemment ! Tu as raison, après ces révélations naïves et cruelles il n’y aura pas d’après. Il n’y aura plus d’après, il n’y aura plus jamais d’après !

-Tu ne vas pas t'en aller, quand même ?

-On est chez moi, tu ne te souviens pas?

-Tu ne vas pas m'en vouloir de te dire la vérité, pour une fois que je ne mens pas!

-Si toute la peine acide et glacée que tu viens de me déverser sur la gueule est due à ton amnésie, je te pardonne…Si c’est une sorte de jeu pervers et sadique pour voir mes larmes emporter mon visage aussi loin que possible d’un monstre tel que toi…Adieu !

-Adieu ? Mais, si tu pars, qui va m’aider ? Faut me soigner, moi ! Passer d’une maîtresse à l’autre, jongler avec les emplois du temps, promettre, mentir, jurer, supplier…qui va me permettre de retrouver ma belle vie bien rangée ?

-La vérité, et si tu continuais à dire la vérité ! Tu viens de commencer en beauté !

-À qui ?

-À toutes ! Ton épouse que tu n’aimes plus, la maîtresse que tu crois aimer…toutes !

-La vérité ? Elle n’a jamais existé, la vérité ! Les mensonges, y’a que de ça de vrai !

-Dehors, j’ai été suffisamment bonne et patiente avec toi ! DEHORS !

SAMEDI

-Voilà docteur, je ne me souviens plus de rien !

-Je sais !

-On se connaît ?

-« Je ne me souviens plus de rien», c’est exactement ce que vous m’avez dit, la première fois, quand je vous ai reçu aux urgences !

-Mais quand, y’a longtemps ?

-Le jour où votre épouse vous a tabassé sévère ! Il faut dire que vous n’y êtes pas allé de main morte ! Lui faire lire le détail et l’historique de toutes vos expériences adultères, il fallait oser !

-Ah, parce que vous savez ça aussi ?

-Et le reste ! C’est toujours très intéressant, ce que vous me racontez, le mercredi, après…

-Après quoi ?

-Après…recouche-toi, mon chéri, je vais essayer de t’expliquer, lentement…maintenant que tu as réussi à faire enfermer ton épouse, elle a fini par devenir folle, il faut la comprendre…on a toute la vie pour bien faire le ménage dans ta mémoire.

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